théâtre

Ressacs

Ressacs (2017)
Dans cette tragicomédie sur table, la virtuosité de la manipulation des objets, la drôlerie expressive des acteurs, l’inventivité de la musique jouée en direct nous emmène dans un univers surréaliste reflétant la société de consommation qui part à la dérive.

Un univers surréaliste reflétant la société de consommation qui part à la dérive.

Il est de certains spectacles comme des pierres précieuses : ils brillent d’un éclat lumineux d’intelligence qui combine le sens, la forme, l’humour et le plaisir. Ressacs est de ceux-là.

À travers la fable d’un naufrage, au sens propre comme au sens figuré, nous assistons à la déconfiture d’un couple qui nous ressemble furieusement, caricature touchante de notre Occident en quête de richesses, pris sans relâche dans son rêve matérialiste. Darling et Darling ont tout perdu. Mais quand ils abordent une île déserte, ils n’ont de cesse de reconstituer leur fortune, fusse au prix de bons vieux réflexes colonialistes.

L’univers visuel est un peu kitsch, les objets et jouets de récupération sont habilement mis en relief par un jeu qui s’amuse de toutes les dimensions : la totalité de la scène avec un train électrique qui englobe tout, la table pour les objets de petite dimension, les acteurs eux-mêmes qui incarnent les personnages…

La virtuosité de la manipulation des objets, la drôlerie expressive des acteurs, l’inventivité éblouissante de la musique jouée en direct, servent admirablement le propos. Dans une structure cyclique rythmée par un « Once upon a time… », Ressacs sonne comme un conte de fées déjanté. À voir absolument.

Publié le 18/12/2017


Mots clés : theatre Theatre d'objets